Bien préparer une randonnée équestre, c’est s’offrir des jours de bonheur partagé avec son cheval — et éviter blessures, mauvaises surprises et dérapages logistiques. Nous abordons ici les quatre piliers d’une préparation sérieuse : condition physique du couple, matériel, itinéraire et cadre réglementaire. Que vous partiez pour une journée en forêt ou un raid de plusieurs jours, ces principes restent les mêmes, hérités des recommandations de la FFE et de l’IFCE. Pour les techniques de monte de base, notre dossier sur l’équitation classique pour débutants est un excellent prérequis.

Randonnée équestre : la préparation physique du cheval et du cavalier
Réponse directe : comptez 8 à 12 semaines de condition physique progressive avant une randonnée de 4 à 6 heures par jour. Le cheval doit pouvoir maintenir un pas actif sur 25 à 30 km sans signe de fatigue, et le cavalier doit avoir intégré l’assiette aux trois allures sur cette durée.
Programme indicatif sur 8 semaines
- Semaines 1-2 : sorties extérieures de 1h, terrains variés, marche active.
- Semaines 3-4 : 1h30 à 2h, introduction de petites dénivelées.
- Semaines 5-6 : 3 à 4h une fois par semaine, alternance pas/trot.
- Semaines 7-8 : sortie de 5 à 6h en conditions réelles avec matériel.
Un travail au sol régulier en parallèle améliore la complicité et la maîtrise des situations imprévues. Notre article sur l’équitation éthologique pour débutants décrit ces exercices pas à pas.
Le matériel essentiel pour partir en randonnée équestre
Le matériel se choisit en fonction de la durée et du milieu. Une journée en forêt familière demande peu, un raid bivouac de plusieurs jours implique une logistique sérieuse. La règle d’or : tester tout l’équipement lors d’une sortie de 4 heures avant le grand départ.
Côté cheval
- Selle de randonnée ou de trek, bien adaptée (gouttière dégagée, arçon contrôlé) — voir notre guide pour choisir une selle adaptée.
- Tapis épais en mouton ou gel pour limiter les frottements.
- Sacoches latérales et bissac (max 10% du poids du cheval, charge totale).
- Licol de marche, longe de 3,5 m, ennasure douce.
- Pansage minimal : éponge, cure-pied, brosse douce.
- Trousse de premiers secours : compresses, désinfectant, bandes auto-adhésives, vermifuge oral.

Côté cavalier
- Casque homologué EN 1384 / VG1 (obligatoire FFE pour mineurs, fortement recommandé adultes).
- Bottes de marche basses ou boots avec mini-chaps.
- Vêtements en couches respirantes, coupe-vent imperméable.
- Carte papier IGN 1/25 000, boussole, téléphone chargé, batterie externe.
- 2 litres d’eau minimum par personne, en-cas énergétiques.
- Couteau, briquet, lampe frontale, kit pharmacie humaine.
Préparer l’itinéraire et le cadre réglementaire
En France, la circulation à cheval est autorisée sur les chemins ruraux, les sentiers balisés et les routes ouvertes à la circulation. Les chemins privés nécessitent l’accord du propriétaire et de nombreuses pistes forestières ONF interdisent désormais le passage des cavaliers en période de chasse ou en zone Natura 2000. Le réseau de la FFE (Fédération Française d’Équitation) propose des itinéraires balisés équestres « Cheval Étape » avec hébergement.
Étapes de préparation de l’itinéraire
- Repérage cartographique : 25 à 30 km/jour max au pas, 35 km en alternant pas/trot.
- Identification des points d’eau (cheval boit 30 à 50 L/jour en effort modéré).
- Réservation des étapes hébergement Cheval Étape (réseau de fermes équestres).
- Vérification du carnet vaccinal et du document SIRE à jour (obligatoire pour franchir une frontière départementale).
- Souscription d’une assurance RC propriétaire et responsabilité civile cavalier.
Un cheval bien nourri en amont tiendra mieux l’effort : nous abordons l’alimentation du cheval et les compléments énergétiques dans nos guides dédiés.

Pendant et après la randonnée : ce qu’il faut surveiller
Pendant la randonnée, observez vos pauses : on s’arrête 10 minutes toutes les 2 heures, à l’ombre, on relâche la sangle, on contrôle les pieds (cure-pied systématique) et le dos. Au bivouac, le cheval doit pouvoir manger du foin à volonté, accéder à de l’eau propre, et idéalement être attaché à une longe d’entrave longue ou en paddock électrique mobile. Un parage naturel régulier ou des hipposandales évitent bien des soucis de pieds en terrain caillouteux.
Au retour, prévoyez 2 à 3 jours de repos actif au pré, une inspection complète (dos, sangle, pieds, garrot) et reprenez le travail progressivement. Notre dossier soins quotidiens du cheval détaille la check-list de récupération.
Questions fréquentes
Quel âge minimum pour partir en randonnée équestre avec son cheval ?
Le cheval doit avoir terminé sa croissance osseuse, soit 5 ans minimum pour les randonnées dépassant 4 heures par jour et plusieurs jours consécutifs. Les chevaux entre 3 et 5 ans peuvent participer à des sorties courtes (1 à 2 heures) en terrain facile, à raison d’une à deux fois par semaine maximum.
Faut-il une licence FFE pour faire de la randonnée équestre ?
Aucune licence n’est obligatoire pour randonner avec son propre cheval. En revanche, la licence FFE Tourisme inclut une assurance responsabilité civile cavalier, l’accès aux compétitions de TREC et des tarifs préférentiels sur le réseau Cheval Étape. À date de juin 2026, elle coûte environ 36 € pour les adultes.
Cet article a une vocation informative et ne se substitue jamais à un avis vétérinaire pour tout symptôme, blessure ou changement de comportement de votre cheval. Article mis à jour le 6 juin 2026. Sources : IFCE (ifce.fr), INRAE, FFE.