L’alimentation du cheval conditionne sa santé, son comportement et ses performances. Animal herbivore monogastrique conçu pour brouter 14 à 16 heures par jour, le cheval souffre vite de rations mal pensées : coliques, ulcères, fourbure, troubles du comportement. Notre dossier détaille les bases physiologiques, le rôle central du foin, les compléments utiles et la prévention de la fourbure, en s’appuyant sur les recommandations INRAE et IFCE.

Les bases physiologiques de la nutrition équine
Réponse directe. Le tube digestif du cheval est conçu pour traiter en continu des végétaux fibreux : intestin grêle long, caecum et côlon volumineux où fermente la cellulose. D’où deux règles d’or absolues : fournir du fourrage à volonté ou en repas rapprochés, et limiter chaque repas de concentrés (céréales, granulés) à 2 kg maximum pour éviter la surcharge gastrique. Respecter ces deux principes prévient à lui seul une grande partie des pathologies digestives.
Le besoin de mâcher en continu
Mâcher produit de la salive (jusqu’à 30 litres par jour), qui tamponne l’acidité gastrique. Sans mastication suffisante, l’estomac se trouve en hyperacidité et les ulcères se développent. Voilà pourquoi le jeûne de plus de quatre heures consécutives est dangereux. Le slow-feeder (filet à mailles fines) prolonge la durée de consommation du foin et imite le pâturage continu.
Le foin, base de l’alimentation
Un foin de qualité représente 70 à 100 % des besoins énergétiques d’un cheval au repos ou au travail léger. Les critères de qualité comptent autant que la quantité : récolté avant la floraison complète, couleur verte (pas jaune ni gris), odeur agréable, sans poussière ni moisissure, conservé au sec. Un foin médiocre peut contenir des spores responsables d’asthme équin (RAO). Faire analyser son foin en laboratoire agréé reste le moyen le plus fiable d’ajuster la ration.

Compléments minéraux et vitamines (CMV)
Même un excellent foin ne couvre jamais à 100 % les besoins en minéraux et oligo-éléments. Un complément minéral et vitaminé (CMV) équilibré, donné à raison de 100 à 150 g par jour, complète la ration de la plupart des chevaux au pré ou au foin. Le sel est fourni par un bloc à lécher accessible en permanence. Pour les chevaux au travail soutenu, gestants ou âgés, des compléments spécifiques peuvent être ajoutés sur conseil vétérinaire.
Apport d’eau : ne jamais négliger
Un cheval boit 30 à 50 litres d’eau par jour, jusqu’à 80 litres en été ou en travail. L’abreuvoir doit toujours être propre et l’eau renouvelée. Un manque d’eau, même temporaire, favorise les coliques (bouchons œsophagiens, fécalomes). Voir la place de l’eau dans une écurie active type Paddock Paradise.

Prévenir la fourbure par l’alimentation
La fourbure est l’une des pathologies les plus graves et les plus liées à l’alimentation. Le passage brutal d’une herbe rase à une herbe riche au printemps, un excès de céréales, un syndrome métabolique équin (SME) ou la maladie de Cushing sont les principaux déclencheurs. Limiter l’accès aux herbes très riches en sucres rapides, fractionner les rations, surveiller le poids et l’embonpoint, et adapter le travail sont les piliers de la prévention.
Adapter selon l’âge et le travail
Cheval au repos ou travail léger : foin à volonté + CMV + sel suffisent. Travail modéré (4-6 h/semaine) : ajout possible d’une céréale (orge aplatie, granulés) en deux repas de 1 à 1,5 kg. Cheval senior : foin haché ou trempé si dents fatiguées, complément protéique. Jument gestante (dernier tiers) ou allaitante : besoins majorés de 25 à 50 %, suivi vétérinaire conseillé.
Questions fréquentes
Combien d’eau un cheval boit-il par jour ?
30 à 50 litres en moyenne, jusqu’à 80 litres en été ou pour un cheval au travail soutenu. L’abreuvoir doit toujours être propre et accessible. Un manque d’eau temporaire favorise les coliques par bouchon œsophagien.
Peut-on donner du pain dur à son cheval ?
À éviter en routine : le pain est riche en amidon (favorise les ulcères et le déséquilibre digestif) et souvent salé. Comme friandise occasionnelle, une petite croûte sans moisissure ne nuit pas, mais une pomme, une carotte ou des granulés sains sont préférables.
Faut-il céréaler son cheval s’il est au pré toute l’année ?
Souvent inutile pour un cheval au repos ou en travail léger. Le pré + CMV + sel suffisent généralement. Le céréalage régulier sans nécessité ne fait que créer un risque d’embonpoint et de fourbure. Avant d’ajouter des concentrés, vérifier l’état corporel et le niveau de travail réel.
Pour aller plus loin
Une bonne alimentation s’inscrit dans un environnement global : voir aussi notre dossier écurie active et Paddock Paradise et notre routine de soins quotidiens. Le glossaire équin explique les sigles techniques (CMV, UFC, MADC, etc.).
Article mis à jour le 18 mai 2026. Sources : INRAE — Tables de l’alimentation, IFCE — Bases nutritionnelles, AVEF — protocoles digestifs.
Avertissement. Cet article a une vocation informative et ne se substitue jamais à un avis vétérinaire pour tout symptôme, blessure ou changement de comportement de votre cheval.